Keith Park à Uxbridge — 15 septembre
L'air vice-marshal , Néo-Zélandais, commande le du Fighter Command, qui couvre Londres et le sud-est — le secteur le plus exposé de la Bataille d'Angleterre. Depuis des semaines, il doit défendre ce secteur capital avec des moyens comptés, tout en veillant à ne jamais laisser ses escadrilles surprises au sol.
Sa tactique fait débat. Au sein du voisin, Leigh-Mallory et l'as prônent la « Big Wing » : rassembler plusieurs escadrilles en une masse imposante avant de frapper. D'autres jugent ce dispositif trop lent à se former pour défendre Londres à temps, et plaident pour une riposte plus immédiate.
Le 15 septembre, la Luftwaffe lance son plus grand assaut concentré sur la capitale — quelque 1 500 appareils dans la journée. Churchill, venu observer la salle d'opérations d'Uxbridge, demande à Park quelles réserves il lui reste. Park doit décider en quelques minutes comment engager ses moyens : tout jeter d'emblée, garder une réserve, ou faire monter le renfort massif du au risque de le voir arriver trop tard.
Comment Park doit-il engager sa chasse face au grand assaut du 15 septembre ?
Park applique B : il lance ses escadrilles par vagues successives, selon sa méthode habituelle de riposte échelonnée, et fait appel aux renforts des 10 et 12 Groups. Interrogé par Churchill sur ses réserves, il répond « il n'y en a aucune » — mais le pari, cette fois calculé, est payant. Les bombardiers allemands, harcelés de la côte à Londres, dispersent leurs charges ; la Luftwaffe subit de lourdes pertes et découvre que la RAF, qu'on lui disait exsangue, aligne encore des centaines de chasseurs. Deux jours plus tard, Hitler ajourne l'invasion. Le 15 septembre devient le « Battle of Britain Day ». La querelle de la Big Wing empoisonnera l'après-bataille et contribuera à l'éviction de Dowding et de Park, pourtant artisans de la victoire défensive.









