Dowding et les dernières réserves — 15 septembre 1940
L'Air Chief Marshal , surnommé « Stuffy », dirige le Fighter Command depuis Bentley Priory. Architecte du système de défense intégrant radar, observateurs et contrôle au sol, il porte depuis l'été le poids de la bataille d'Angleterre.
Sa hantise n'est pas le nombre d'avions, mais les pilotes. Lors d'une réunion du Fighter Command le 7 septembre, il avertit que ses escadrilles perdent des hommes plus vite qu'on ne peut les remplacer : le stage de formation a été ramené à deux semaines, des nouveaux arrivent au front avec dix heures de vol sur Hurricane ou Spitfire.
Le 15 septembre 1940, Kesselring jette le gros de la Luftwaffe sur Londres : environ 400 chasseurs et 200 bombardiers le matin, un second assaut l'après-midi. Au QG du à Uxbridge, le commandant engage progressivement toutes ses escadrilles ; quand Churchill l'interroge, Park répondra qu'il n'a plus de réserves.
Au-dessus de Park, c'est Dowding qui détient la décision d'engager le des Midlands — tenu jusque-là en réserve stratégique. L'employer renforce l'effort du jour mais dégarnit son ultime matelas de sécurité, au cœur de la querelle naissante sur la Big Wing.
Au plus fort de l'assaut du 15 septembre, que décide Dowding de ses réserves de chasse ?
Dowding choisit A. Il donne au la permission d'envoyer ses escadrilles en appui défensif du , et la « Big Wing » de Duxford monte épauler les chasseurs de Park. Les bombardiers allemands, harcelés tout le trajet, lâchent leurs bombes sans précision. À la tombée du jour, la Luftwaffe a perdu une soixantaine d'appareils contre 26 à la RAF — un revers spectaculaire. Le moral allemand s'effondre : on avait promis aux pilotes que la RAF n'avait plus 300 chasseurs, et ils en ont rencontré davantage sur un seul raid. Deux jours plus tard, le 17 septembre, Hitler ajourne sine die l'opération Seelöwe. Le pari calculé de Dowding — engager ses réserves au moment décisif — est justifié par les faits, et le 15 septembre devient le Battle of Britain Day.









