Dakar — de Gaulle devant l'opération Menace
À l'automne 1940, cherche à rallier l'Empire à la France Libre. Après le succès de l'Afrique-Équatoriale, il vise Dakar, grande base de l'Afrique-Occidentale française, dont le port abrite le cuirassé inachevé Richelieu et d'importantes réserves d'or. L'opération Menace, montée avec la Royal Navy (amiral ), engage environ 3 600 Français libres et 4 300 Britanniques.
Le plan repose sur un pari politique : que la garnison de Dakar, restée fidèle à Vichy, se rallie sans combattre à la vue de De Gaulle. Mais le gouverneur Boisson tient pour Vichy, et les renforts navals vichystes venus de Toulon ont compliqué la donne. Le 23 septembre, les émissaires gaullistes sont éconduits, et les batteries côtières comme les navires de Vichy ouvrent le feu sur la flotte alliée.
De Gaulle se trouve devant un dilemme déchirant : forcer le débarquement, c'est faire couler le sang français contre français et risquer un désastre ; renoncer, c'est essuyer un revers humiliant aux yeux des Britanniques et de l'Empire. Il doit décider sous le feu.
De Gaulle doit-il forcer la prise de Dakar ou renoncer à l'opération ?
Après deux jours d'échanges de tirs, de Gaulle et Cunningham se résolvent à B : l'opération Menace est abandonnée le 25 septembre. Les pertes alliées sont sérieuses — navires endommagés, dont un cuirassé britannique touché par les sous-marins et l'artillerie de Dakar — et l'échec est retentissant. En représailles, l'aviation de Vichy bombarde Gibraltar. Le revers fragilise la position de De Gaulle auprès de Londres et de Washington, qui doutent de sa capacité à entraîner l'Empire. Mais il en tire une leçon : la France Libre ne se construira pas par des coups de force contre Vichy, mais par le ralliement patient des territoires et des hommes. Dakar ne rejoindra la France Libre qu'après le débarquement allié de novembre 1942.









