Tarente — la nuit des Swordfish
À l'automne 1940, la Regia Marina italienne, avec ses cuirassés rapides, menace les communications britanniques en Méditerranée — vitales pour ravitailler Malte et l'Égypte. L'amiral , commandant en chef de la flotte britannique de Méditerranée, cherche à neutraliser cette flotte qui se dérobe au combat en restant à l'abri de ses bases.
La principale est le port de Tarente, au « talon » de l'Italie, où mouille l'essentiel des cuirassés italiens, protégés par des filets, des ballons et une forte DCA. Le contre-amiral Lyster a proposé une idée audacieuse, mûrie depuis des années : frapper la flotte au mouillage par une attaque aérienne nocturne lancée d'un porte-avions, le HMS Illustrious.
L'arme est frêle : de vieux biplans torpilleurs Fairey Swordfish, lents et fragiles, devraient attaquer de nuit un port hérissé de défenses, à 400 km de leur porte-avions. Le risque de pertes lourdes est réel, et l'attaque de nuit sur des navires au port n'a jamais été tentée. Cunningham doit décider : lancer l'opération Judgment, l'ajourner faute de garanties, ou s'en tenir à une stratégie de blocus.
Cunningham doit-il lancer le raid aéronaval nocturne sur Tarente ?
Cunningham approuve A. Dans la nuit du 11 au 12 novembre 1940, une vingtaine de Swordfish de l'Illustrious, en deux vagues, attaquent Tarente à la torpille et à la bombe. Pour la perte de deux appareils seulement, ils mettent hors de combat trois cuirassés : le Conte di Cavour (jamais remis en service), le Caio Duilio et le neuf Littorio (immobilisés des mois). En une nuit, la moitié de la flotte de ligne italienne est neutralisée, et l'équilibre naval bascule en Méditerranée. Tarente démontre la puissance de l'aéronavale contre une flotte au port : l'état-major japonais l'étudiera de près pour préparer l'attaque de Pearl Harbor un an plus tard. Cunningham déclarera que cette nuit a prouvé une fois pour toutes la valeur de la Fleet Air Arm.









