WWII Decisions Online · Six Swordfish contre l'escadre — le Channel Dash
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Six Swordfish contre l'escadre — le Channel Dash

Lieutenant-Commander Eugene Esmonde, 825e Naval Air Squadron

Le Lieutenant-Commander Eugene Esmonde reçoit la nouvelle en milieu de matinée : le **Scharnhorst**, le **Gneisenau** et le **Prinz Eugen** remontent la Manche en plein jour, à toute vapeur depuis Brest. L'*opération Cerberus* est un pari allemand d'une audace stupéfiante, lancé dans le brouillard hivernal. Les 3 navires avancent sous un parapluie de chasseurs qui se relaient sans interruption ; une escorte de destroyers et de vedettes serre les flancs. La RAF, prise de court par la coordination allemande, peine à organiser une riposte cohérente.

Esmonde ne dispose que de 6 **Swordfish**, biplans torpilleurs dont la vitesse dépasse à peine 240 km/h. Les Spitfire promis en escorte arrivent en retard et en nombre dérisoire : 10 appareils de 2 escadrilles différentes seulement. Aucun ordre formel ne le contraint à attaquer.

Il peut attaquer sur-le-champ, acceptant des pertes quasi certaines pour ses équipages et lui-même ; il peut exiger d'attendre une escorte complète et une attaque coordonnée avec les bombardiers déjà en route, au risque de laisser l'escadre hors de portée ; ou reconnaître que l'artillerie côtière du Kent, les destroyers et les vedettes lance-torpilles sont seuls à pouvoir frapper utilement, et épargner ses hommes. L'escadre file à 27 nœuds : chaque minute la rapproche des ports allemands.

Pas-de-Calais, 12 février 1942, commandant du 825e Naval Air Squadron : comment réagir au passage en force de l'escadre allemande en plein jour ?

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