Devant le tribunal : la conscience contre l'uniforme
Au Royaume-Uni de 1942, un homme appelé sous les drapeaux refuse de porter les armes. Pour la loi, il est un objecteur de conscience, et son cas relève d'un , un tribunal local placé sous l'autorité du et non de l'armée. Devant trois ou quatre juges, il doit exposer ses motifs — religieux, politiques ou moraux — et accepter qu'ils tranchent.
Le souvenir de la Grande Guerre pèse sur la scène. En 1916-1918, les objecteurs avaient été traités avec brutalité, beaucoup jetés en prison, certains envoyés au front contre leur gré. La nouvelle loi de 1939 se veut plus humaine : elle prévoit l'exemption inconditionnelle, l'affectation à un travail civil d'importance nationale, ou l'enrôlement dans des unités sans arme. Mais les tribunaux restent inégaux d'une ville à l'autre, et un refus mal formulé peut conduire en cellule.
L'homme doit décider de la réponse qu'il opposera aux juges : accepter un service non combattant — brancardier dans le , déminage, défense civile — pour servir sans tuer ; demander à être affecté à un travail civil d'intérêt national, dans l'agriculture ou les mines, loin de toute structure militaire ; ou refuser toute participation au titre de sa seule conscience, au risque d'être condamné à la prison.
Royaume-Uni, février 1942, devant un tribunal local : comment un objecteur de conscience doit-il répondre à la convocation qui décide de son sort ?
Pendant la guerre, près de 60 000 hommes (environ 59 200 enregistrés) demandent le statut d'objecteur au Royaume-Uni — un mouvement bien plus large et mieux traité qu'en 1916-1918. Les tribunaux locaux, sous l'égide du , se montrent dans l'ensemble plus tolérants : l'exemption inconditionnelle reste rare, mais environ les trois quarts des demandeurs sont orientés vers un travail d'importance nationale ou des fonctions sans arme — agriculture, mines, brancardage, ambulances comme la , ou le chargé de tâches logistiques. Les taux de rejet varient fortement d'un tribunal à l'autre, de 6 à 41 %. Seuls 3 % environ des hommes sont emprisonnés, le plus souvent les « absolutistes » qui refusent jusqu'au principe de la convocation, contre près d'un tiers lors de la Première Guerre mondiale.
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