Cap sur Malte : forcer le passage ou rebrousser
Le contre-amiral commande la depuis Alexandrie, sa marque hissée à bord du croiseur Naiad. Marin réputé pour sa fermeté, il a déjà mené plusieurs sorties en Méditerranée centrale et connaît la difficulté de ravitailler Malte, étranglée par le siège.
Partis d'Alexandrie le 12 février, trois cargos — le , le et le — forment le convoi MW9, escortés par des destroyers et le croiseur antiaérien Carlisle ; l'escadre de Vian appareille à son tour pour les couvrir. Mais la route passe à portée des aérodromes siciliens et libyens, d'où la Luftwaffe et la Regia Aeronautica frappent sans relâche. Malte, presque à court de farine et de carburant, attend cette livraison comme un sursis. Tant que les avions ennemis dominent le ciel, chaque heure de mer expose les cargos lents à une nouvelle vague d'assaut.
Vian doit décider de la conduite à tenir : pousser les cargos coûte que coûte jusqu'à La Valette malgré les attaques aériennes ; dérouter le convoi par le sud pour s'écarter des aérodromes siciliens, au prix d'un carburant compté ; ou faire demi-tour pour sauver l'escorte si les pertes deviennent prohibitives.
Méditerranée orientale, février 1942, contre-amiral britannique : comment mener les cargos jusqu'à Malte sous les bombes de l'Axe ?
Le convoi MW9 est détruit avant d'atteindre Malte. Le 14 février, les bombardiers de l'Axe touchent le , contraint de se dérouter vers Tobrouk ; le prend feu et doit être sabordé ; le , désemparé, est sabordé à son tour quand l'escorte apprend la sortie du cuirassé italien Caio Duilio. Pas un sac de vivres n'arrive à La Valette : Malte reste étranglée jusqu'aux convois de l'été, dont l'opération Pedestal en août. , lui, se distinguera le mois suivant lors de la 2e bataille de Syrte, le 22 mars 1942, où ses croiseurs et destroyers tiennent en respect une escadre italienne supérieure par des écrans de fumée et des charges audacieuses — manœuvre qui lui vaudra les félicitations personnelles de Churchill.
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