Tovey — le Bismarck file vers la France
Après la perte du Hood, la Royal Navy se lance dans une traque acharnée du Bismarck. L'amiral , commandant la Home Fleet, concentre tout ce qu'il peut — cuirassés, croiseurs, porte-avions — mais le Bismarck, ayant faussé compagnie à ses poursuivants, fait route vers les ports de l'Atlantique français, où la chasse aérienne allemande le protégerait. Tovey ne sait plus exactement où il se trouve, et ses propres navires manquent de carburant.
Le 26 mai, un hydravion Catalina le retrouve : le Bismarck est presque sauvé, à portée de la couverture aérienne allemande. Seule l'aéronavale peut encore le ralentir avant qu'il n'échappe définitivement. Les vieux torpilleurs Swordfish du porte-avions Ark Royal, décollant par gros temps d'un pont qui tangue de plusieurs mètres, sont le dernier espoir.
Le commandement britannique doit décider : tenter coûte que coûte une attaque aérienne risquée et improbable, par une mer démontée, pour endommager le gouvernail ou les hélices du Bismarck ; renoncer et accepter qu'il s'échappe ; ou poursuivre au canon avec des navires à court de mazout, au risque de devoir abandonner la chasse faute de carburant.
Comment empêcher le Bismarck d'atteindre la protection aérienne allemande ?
Le choix se porte sur A. Le soir du 26 mai, les Swordfish de l'Ark Royal attaquent par une mer déchaînée ; une torpille frappe le gouvernail du Bismarck, le condamnant à tourner en rond, ingouvernable. Privé de toute manœuvre, il ne peut plus fuir. Au matin du 27 mai, les cuirassés King George V et Rodney de Tovey le rejoignent et le réduisent au silence sous un déluge d'obus ; des torpilles de croiseurs l'achèvent. Le Bismarck sombre avec la quasi-totalité de son équipage — plus de 2 000 morts, environ 110 survivants. La perte du Hood est vengée. La fin du Bismarck consacre le rôle décisif de l'aéronavale et soulage les convois de l'Atlantique de la menace des grands raiders de surface allemands, qui resteront désormais largement à quai.









