Cap Matapan — Cunningham contre Iachino
Fin mars 1941, la marine italienne sort de ses bases pour intercepter les convois britanniques qui transportent des troupes vers la Grèce. L'amiral appareille avec le cuirassé rapide Vittorio Veneto, des croiseurs lourds et des destroyers, espérant frapper un coup décisif en Méditerranée orientale.
Mais à Bletchley Park, le code Enigma de la marine italienne vient d'être percé. L'amiral , à Alexandrie, connaît donc à l'avance la sortie de Iachino. Pour ne pas trahir cette source, il fait survoler la zone par un avion de reconnaissance qui « découvre » l'escadre italienne, puis prend la mer avec trois cuirassés, le porte-avions Formidable et des destroyers, tandis qu'une escadre légère sert d'appât.
Cunningham doit décider de la manière d'exploiter cet avantage exceptionnel : livrer un combat diurne classique au canon, où les cuirassés italiens rapides pourraient se dérober ; user de l'aéronavale pour ralentir l'ennemi puis le rattraper ; ou tenter l'audace rare d'un engagement de nuit, où la Royal Navy, équipée de radars, dispose d'un atout décisif mais court le risque de la confusion et des tirs fratricides.
Comment Cunningham doit-il exploiter sa connaissance des mouvements italiens ?
Cunningham combine B et C. Les torpilleurs du Formidable endommagent et ralentissent dans la journée le Vittorio Veneto et le croiseur Pola ; puis, dans la nuit du 28 au 29 mars, les cuirassés Warspite, Valiant et Barham, guidés par le radar, surprennent à bout portant les croiseurs italiens venus secourir le Pola. En quelques minutes, les croiseurs lourds Zara, Fiume et Pola et deux destroyers sont anéantis ; plus de 2 300 marins italiens périssent, sans perte britannique notable. La bataille du cap Matapan est la plus grande victoire navale alliée en Méditerranée de la guerre : elle brise pour longtemps l'audace de la Regia Marina, qui n'osera plus risquer ses gros navires, et sécurise les communications britanniques au moment où la Grèce s'effondre.









