Nagumo au large d'Oahu — la troisième vague
Le vice-amiral Chūichi Nagumo commande la **Kidō Butai**, la force de 6 porte-avions qui vient de frapper la flotte américaine du Pacifique. Ses 2 premières vagues d'assaut ont surpris Pearl Harbor au matin du 7 décembre 1941 : 8 cuirassés touchés, des centaines d'avions détruits au sol, et la perte japonaise se limite à 29 appareils. Les aviateurs rentrent à bord, euphoriques.
Mais l'essentiel reste debout. Les vastes **réservoirs de carburant** de la base — plus de 4 millions de barils à découvert —, les cales sèches et les ateliers de réparation sont intacts ; ce sont eux qui font de Pearl Harbor une base avancée utilisable. Surtout, les **porte-avions** américains, premières cibles recherchées, étaient absents : ils naviguent quelque part dans le Pacifique, et leur position reste inconnue.
Le chef des escadrilles, Mitsuo Fuchida, presse Nagumo de relancer l'attaque pour achever les installations. Nagumo doit trancher vite, sous une mer qui se forme : ordonner une 3e vague pour détruire le carburant et les chantiers, au risque de pertes accrues et d'une riposte des porte-avions introuvables ; faire route au sud pour traquer la flotte ennemie ; ou se retirer aussitôt vers le Japon, en gardant intacte sa précieuse force de frappe.
Au large d'Oahu, 7 décembre 1941, commandant de la Kidō Butai : après 2 vagues victorieuses sur Pearl Harbor, que faire de la flotte ?
Nagumo choisit le repli. Estimant l'effet de surprise épuisé, redoutant les porte-avions américains et les batteries côtières désormais en alerte, il rompt le combat en milieu de matinée et met le cap sur le Japon. La décision reste l'une des plus débattues de la guerre du Pacifique : les réservoirs de carburant et les cales sèches épargnés permettront à Pearl Harbor de rester pleinement opérationnelle, et les porte-avions intacts — *Enterprise*, *Lexington*, *Saratoga* — formeront le fer de lance de la riposte américaine, jusqu'à Midway 6 mois plus tard. Beaucoup d'historiens jugent que Nagumo a transformé un succès tactique éclatant en occasion stratégique manquée ; d'autres rappellent que ses appareils n'étaient pas préparés à frapper des installations et que les risques étaient réels.
En savoir plus sur cet événement
T10-012