L'espion japonais de Pearl Harbor le jour de l'attaque
Au consulat du Japon à Honolulu travaille, depuis le 27 mars 1941, un jeune « vice-consul » nommé . C'est une couverture : il s'agit en réalité de , enseigne de vaisseau de réserve formé à l'Académie navale, qu'une maladie d'estomac avait écarté de la carrière d'officier avant son recrutement par le renseignement naval. Sa mission est précise : observer et rapporter à Tokyo les mouvements de la flotte américaine du Pacifique, ancrée à Pearl Harbor.
Pendant des mois, sans réseau ni matériel sophistiqué, il s'appuie sur l'observation directe. Il parcourt Oahu, loue de petits avions, fréquente un restaurant japonais surplombant la base pour compter les navires. Il transmet au consul général des rapports d'une grande exactitude sur la position des cuirassés, qui permettent à l'état-major de l'amiral Yamamoto d'affiner la planification de l'attaque. Point essentiel : Yoshikawa ignore lui-même qu'une attaque est décidée, et plus encore sa date.
Le 6 décembre 1941, à la veille de l'attaque, il fait transmettre son dernier rapport sur la flotte au mouillage. Pour cet agent sous couverture diplomatique, à l'instant où la guerre va éclater, la question se pose crûment : rester au poste au risque d'être arrêté, fuir l'île, ou choisir la mort plutôt que la capture ?
Le 6 décembre 1941, l'agent japonais infiltré à Honolulu doit-il rester à son poste, fuir l'île, ou se donner la mort pour l'honneur ?
Yoshikawa resta à son poste. Le 6 décembre 1941, il transmit son dernier rapport sur la flotte ; après l'attaque du 7 décembre, il détruisit ses documents et fut arrêté par le FBI le jour même, sa couverture diplomatique le protégeant toutefois de poursuites. Interné comme ressortissant ennemi, il ne fut pas détenu jusqu'à la fin de la guerre mais rapatrié au Japon en août 1942 dans le cadre d'un échange de diplomates, à bord du paquebot suédois Gripsholm. Il survécut au conflit, vécut dans une relative obscurité et mourut au Japon le 20 février 1993. Son travail patient de renseignement avait fourni à la marine impériale les données précises qui rendirent possible l'attaque-surprise de Pearl Harbor.









