Hanoï — l'ultimatum japonais en Indochine
Après la défaite de la France, l'Indochine française se retrouve isolée et indéfendable. Le Japon, qui combat la Chine depuis 1937, veut couper la dernière grande voie de ravitaillement des nationalistes chinois : la voie ferrée et la route reliant le port de Haiphong à la province chinoise du Yunnan. Tokyo exige le droit de stationner des troupes au Tonkin et d'utiliser ses aérodromes.
Le gouverneur général, l'amiral , dépend de Vichy et ne peut espérer aucun secours : la métropole est occupée, la Grande-Bretagne refuse de s'engager, les États-Unis se bornent à des protestations. Les forces françaises sur place sont faibles et coupées de tout renfort.
Le 22 septembre 1940, un accord est imposé sous la pression d'un véritable ultimatum. Mais l'armée japonaise n'attend pas son application : des unités franchissent la frontière et attaquent des postes français. Decoux doit décider de la conduite à tenir face à un « allié » de fait qui s'installe par la force : céder à toutes les exigences, résister militairement pour l'honneur, ou tenter de négocier pied à pied une présence limitée.
Face aux exigences japonaises, que doit faire l'administration française d'Indochine ?
L'administration de Vichy choisit en pratique A, teinté de C : elle signe l'accord autorisant le stationnement de troupes japonaises et l'usage des bases, tout en tentant de préserver l'apparence de la souveraineté française. Quelques combats éclatent malgré tout, notamment autour de Lang Son, où des postes français sont pris avant qu'un cessez-le-feu ne rétablisse l'accord. Le Japon obtient sa base de départ vers l'Asie du Sud-Est ; un an plus tard, il occupera tout le sud de l'Indochine, déclenchant l'embargo américain qui mènera à Pearl Harbor. L'Indochine restera sous double tutelle franco-japonaise jusqu'au coup de force japonais de mars 1945. La capitulation de 1940 y inaugure une décennie de guerre.









