En six semaines de campagne à l'Ouest, le bilan humain est lourd, quoique inférieur aux hécatombes de 1914-1918. Du côté français, on compte environ 50 000 à 60 000 militaires tués ; côté allemand, autour de 27 000 à 49 000 morts selon les sources ; la Belgique perd quelque 6 000 soldats, les Pays-Bas environ 2 300, sans compter les blessés (plusieurs centaines de milliers) et les pertes civiles de l'exode et des bombardements.
S'y ajoutent les prisonniers : 1,8 million de Français, environ 200 000 Belges, des dizaines de milliers de Britanniques et de Néerlandais. Brève au regard des quatre années de 1914-1918, la campagne de 1940 a concentré ces pertes sur six semaines à peine.
Comment qualifier le coût humain de cette campagne ? Fut-elle une « guerre sans pertes » au regard de 1914-1918, comme l'a parfois laissé croire sa brièveté ? Une hécatombe concentrée dont l'intensité quotidienne fut terrible ? Ou un drame dont les prisonniers et civils furent les premières victimes en nombre ? Le diagnostic engage la mémoire de 1940.
Comment qualifier le coût humain de la campagne de 1940 ?
Les trois lectures ont leur part de vérité, mais B et C corrigent une idée reçue : malgré sa brièveté, la campagne de 1940 fut intensément meurtrière. La France y perd quelque 50 000 à 60 000 soldats en six semaines — une mortalité quotidienne comparable aux pires moments de 1914-1918 — et l'Allemagne plusieurs dizaines de milliers. Surtout, le trait dominant est le nombre colossal de prisonniers (près de 2 millions côté français) et l'ampleur des souffrances civiles (exode de millions de personnes, bombardements de villes, massacres comme Vinkt ou Chasselay). 1940 ne fut pas une « drôle de guerre » sans douleur : ce fut une défaite brève mais sanglante, dont le coût humain et social pèsera lourd sur les années d'occupation.









