Pendant que l’opération Dynamo récupère le BEF et les premières troupes françaises sur les plages de Dunkerque, la 1re armée française sous le général (successeur de Blanchard après l’accident mortel de Billotte le 21 mai) est encerclée à Lille. 40 000 soldats français restent prisonniers de la poche, à 80 km de Dunkerque. Pour eux, l’évacuation est devenue impossible.
Le général , 56 ans, commande la (Division d’infanterie nord-africaine — soldats marocains, algériens, tirailleurs sénégalais et métropolitains), unité parmi les plus solides du dispositif français. Au matin du 28 mai, Lille est attaquée simultanément par quatre divisions allemandes du sous le général , dont la de Rommel qui ferme la nasse au sud.
Munitions limitées, pas de réapprovisionnement, pas d’évacuation possible — la marche vers Dunkerque est coupée depuis le 27 mai. Molinié doit choisir entre céder Lille pour épargner les civils, combattre rue par rue pour fixer un maximum de divisions allemandes loin de Dunkerque, ou tenter une sortie en force vers la côte.
Molinié doit-il céder Lille pour épargner les civils ?
Molinié applique B. Pendant quatre jours, ses unités tiennent rue par rue dans Lille : combats à la grenade dans le Vieux-Lille, défense du Palais Rihour, combats à la Citadelle Vauban. Le 31 mai 1940 à 12h30, Molinié capitule avec 35 000 soldats survivants. La Wehrmacht (Wäger) lui accorde les honneurs militaires — défilé de la garnison avec drapeaux et armes sur la Grand-Place de Lille le 1er juin avant l’incarcération. Première fois qu’une garnison française reçoit cet honneur en 1940. Molinié est emprisonné en oflag jusqu’en 1945. Libéré, il reprend du service et prend sa retraite en 1947. Meurt en 1969. Le sacrifice de Lille est aujourd’hui considéré comme une contribution décisive à la réussite de Dynamo. 30 % des défenseurs étaient des soldats coloniaux, notamment des tirailleurs sénégalais — dont une partie est massacrée après la capitulation par des unités SS, épisode des « massacres de Lille » documenté par dans Hitler’s African Victims (Cambridge UP, 2006). Lille honore annuellement ses défenseurs depuis 1945.









