, 55 ans, est ministre suédois des Affaires étrangères depuis 1932 — un des plus longs mandats diplomatiques européens. Social-démocrate, ancien Premier ministre (1925-1926), il défend une politique scandinaviste : alliance défensive informelle entre Suède, Norvège, Danemark et Finlande. Cette politique a culminé en 1938 par une déclaration commune des quatre rois (, , , et le président finlandais Kallio).
L'invasion soviétique de la Finlande du 30 novembre 1939 met Sandler dans une position intenable. Sa doctrine scandinaviste implique théoriquement une solidarité militaire avec la Finlande. Mais le Premier ministre et le roi sont opposés à l'intervention : la Suède ne peut pas militairement résister à l'URSS et à l'Allemagne simultanément.
Du 1er au 14 décembre 1939, Sandler insiste auprès du gouvernement Hansson pour une intervention armée suédoise en Finlande. Position de force : sa popularité personnelle, son réseau scandinave. Position de faiblesse : isolé au Conseil des ministres, qui penche pour la neutralité.
Sandler doit choisir s'il maintient son opposition publique ou cède.
Sandler doit-il maintenir son opposition au sein du gouvernement ?
Sandler choisit A. Le 13 décembre 1939, il démissionne publiquement. Sa lettre de démission, publiée dans le Dagens Nyheter (Stockholm), explique : « Je ne peux pas servir un gouvernement qui abandonne nos frères scandinaves à leur sort. » Hansson le remplace par (modéré, ex-ambassadeur en Norvège). Sandler reste député au Riksdag, devient président de la commission des Affaires étrangères. Il défend pendant toute la Guerre d'Hiver l'aide maximale à la Finlande sans intervention directe — c'est en pratique la politique adoptée (8 700 volontaires SFK, 84 000 fusils, etc.). En 1941, après l'invasion allemande de l'URSS et l'engagement de la Finlande dans la Continuation War aux côtés de l'Allemagne, Sandler critique sévèrement l'évolution finlandaise. Il reste actif politiquement au SAP (social-démocratie suédoise), ambassadeur 1946-1950, président des sociétés culturelles scandinaves. Meurt en 1964 à 80 ans. Sa démission de 1939 reste l'un des actes politiques majeurs de la Scandinavie XXe siècle.









