Boris III — l'équilibre bulgare
, 45 ans, est tsar de Bulgarie depuis 1918 — règne marqué par les traumatismes territoriaux : perte de la Dobroudja méridionale (Roumanie), de la Macédoine (Grèce, Yougoslavie), de la Thrace occidentale (Grèce) au traité de Neuilly 1919. Doctrine d'État : révisionnisme territorial. Régime semi-autoritaire personnel après la dissolution des partis en 1934.
À l'hiver 1939-1940, est confronté à des pressions : - Allemagne : exige un alignement, en échange de la révision territoriale (récupération de la Dobroudja méridionale) - URSS : propose un traité d'assistance mutuelle (modèle baltique) en novembre 1939 - Royaume-Uni : essaie de maintenir une neutralité bulgare - Turquie : alliée traditionnelle des Bulgares contre les Russes
Le Premier ministre (modéré, en place depuis 1935) est remplacé le 15 février 1940 par — archéologue, prussophile, plus aligné sur Berlin. hésite.
Quelle ligne Boris III adopte-t-il à l'hiver 1939-1940 ?
applique B initialement, puis A progressivement. En septembre 1940, par l'accord de Craiova sous parrainage allemand, la Bulgarie récupère la Dobroudja méridionale (sans guerre). Le 1er mars 1941, signe le Pacte tripartite rejoignant l'Axe. Mais il refuse d'envoyer des troupes au front de l'Est (Barbarossa). Il refuse aussi de déporter les Juifs bulgares vers les camps d'extermination — bloque personnellement la déportation des 48 000 Juifs bulgares de Bulgarie intérieure en mars 1943, malgré les pressions allemandes. Position héroïque historique reconnue, qui sauve quasi-totalement la communauté juive bulgare (les 11 000 Juifs des territoires occupés en Thrace et Macédoine sont toutefois déportés à Treblinka en mars 1943, sans intervention bulgare). Le 28 août 1943, meurt subitement à 49 ans, probablement empoisonné (thèse acceptée par l'historiographie moderne — empoisonnement orchestré par Hitler après une dispute orageuse en mars 1943 où Boris a refusé d'envoyer des troupes). Son fils (6 ans) devient tsar nominal. Coup d'État communiste le 9 septembre 1944. Siméon est exilé. Reviendra en Bulgarie en 1996, sera Premier ministre 2001-2005 (cas unique : ancien monarque devenu chef de gouvernement démocratique).









