Doussot — la Brigade spéciale n°1
Après la dissolution du PCF le 26 septembre 1939, la Préfecture de police de Paris crée la Brigade spéciale n°1 (BS1), unité de 20 inspecteurs spécialisée dans la chasse aux communistes clandestins. Chef : commissaire , 45 ans, ancien Brigade des renseignements généraux. Méthodes : filature, interception du courrier, infiltration d'agents (indicateurs), arrestations préventives.
Doctrine : appliquer la loi de septembre 1939 (peines : 2 à 5 ans de prison pour activité communiste, jusqu'à mort pour « trahison » en cas de propagande contre la défense nationale). Cibles : militants du PCF, syndicalistes CGT-U, intellectuels marxistes.
Du 26 septembre 1939 au 29 février 1940 : 3 200 arrestations par la BS1. Procès devant tribunaux militaires. 2 100 condamnations, dont 4 députés du PCF (procès des 44 députés, à venir en avril 1940).
En mai 1940, la BS1 est renforcée par la BS2 — créée pour la surveillance des étrangers (juifs, communistes étrangers, antifascistes allemands en exil). Effectifs combinés : 60 inspecteurs.
Doussot doit décider de sa stratégie de ciblage.
Comment Doussot doit-il prioriser ses cibles ?
Doussot applique B et C combinés. Recrutement d'indicateurs (notamment , « Jacques le Suisse ») qui infiltrent les cellules clandestines. Identification de la hiérarchie complète du PCF clandestin. Arrestations ciblées des cadres : , (arrêté brièvement décembre 1939, libéré), . Pendant l'Occupation 1940-1944, la BS1 et BS2 continuent leur mission sous Vichy et sous occupation allemande — collaboration directe avec la Gestapo pour la persécution des résistants et traque des Juifs. La BS2 organise les rafles de juillet 1942 (Vel d'Hiv). Doussot, longtemps soupçonné de collaboration, reste en poste jusqu'en août 1944. Arrêté à la Libération, jugé en novembre 1944, condamné à 12 ans de réclusion. Libéré en 1949. Meurt en 1958. La BS1-BS2 reste l'un des épisodes les plus controversés de la police française : continuité entre la Troisième République et Vichy, collaboration policière précoce, instrumentalisation par les nazis d'une infrastructure prête.









