Croire les premiers rapports sur les massacres de l'Est ?
siège à Londres comme l'un des deux représentants juifs du , l'assemblée consultative qui entoure le . Depuis l'automne 1941, des messages parviennent par les courriers de la résistance intérieure : fusillades de dizaines de milliers de Juifs dans les forêts de l'Est, comme à près de Riga en décembre 1941, et premières exécutions par camion à gaz à , en Pologne occupée, à partir du même hiver. Les chiffres rapportés dépassent tout ce que l'on imaginait.
Les informations sont fragmentaires, transmises de bouche à oreille, de cache en cache, parfois invérifiables dans le détail. Schwarzbart sait que les diffuser sans preuve formelle expose à l'accusation d'exagération, voire de propagande : une partie de la presse et des chancelleries alliées tient déjà ce genre de récits pour des rumeurs de guerre. Au sein même du Conseil, certains responsables polonais redoutent que la souffrance juive n'éclipse celle de la nation entière. Mais attendre la corroboration, c'est laisser passer des semaines pendant lesquelles les tueries se poursuivent.
Schwarzbart doit décider du sort de ces rapports : rendre l'information publique immédiatement, au risque qu'on n'y croie pas et qu'on le taxe d'alarmisme ; chercher d'abord à corroborer les témoignages par d'autres sources avant toute diffusion ; ou transmettre les éléments par la voie diplomatique discrète du gouvernement en exil, en espérant une action des Alliés sans heurter de front l'incrédulité publique.
Londres, février 1942, représentant juif au Conseil national polonais : que faire des premiers rapports crédibles sur les massacres de masse perpétrés à l'Est ?
est l'un des premiers responsables juifs à Londres à connaître l'ampleur des tueries ; il alerte sans relâche, tient des conférences de presse et évoque dès 1942 le chiffre d'un million de morts. En Occident, l'information est longtemps minimisée et reçue avec incrédulité, par les chancelleries alliées comme par certains membres du . La destruction systématique se poursuit pourtant : et les fusillades de l'Est ne sont que le prélude à l'assassinat de près de 6 millions de Juifs d'Europe. , l'autre représentant juif venu siéger au Conseil, se suicidera à Londres en mai 1943, en protestation contre l'indifférence des Alliés et l'anéantissement du ghetto de Varsovie.
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