Le douanier danois au matin du 9 avril 1940
Le 9 avril 1940 vers 04h15, la Wehrmacht franchit la frontiere danoise a Saed, Rens, Krusaa et Padborg, tandis que des troupes debarquent a Copenhague et que la Luftwaffe survole la capitale. L'attaque est totale et la disproportion des forces ecrasante ; quelques unites danoises au sud du Jutland ouvrent le feu et subissent des pertes dans les premieres heures.
A Padborg, poste-frontiere strategique, un douanier de trente-cinq ans est reveille par l'irruption des colonnes allemandes. Il ignore encore ce que decide Copenhague. Faut-il s'opposer par les armes au risque d'un bain de sang inutile, attendre et appliquer la consigne officielle quelle qu'elle soit, ou deposer les armes sans ordre pour sauver sa peau ?
Surpris par l'invasion a l'aube, le douanier doit-il tenter de resister sur place, cesser le combat selon les ordres, ou se rendre individuellement aux Allemands ?
Face a l'ultimatum allemand menacant de bombarder Copenhague, le gouvernement et le roi ordonnent le cessez-le-feu des le matin : l'ordre de cesser toute resistance se diffuse vers 06h00 et la capitulation est signee a 08h34, faisant de l'invasion du Danemark la campagne la plus breve de la Wehrmacht (moins de trois heures de combats). Les forces danoises, y compris aux postes-frontieres, deposent les armes sur instruction officielle. Le Danemark n'est pas annexe ni transforme en « protectorat » : il devient un Etat occupe mais formellement souverain (le « modele danois »), conservant roi, gouvernement et administration jusqu'a la rupture de l'ete 1943. La question reste donc collective et institutionnelle, sans destin individuel fabrique.









