Rotterdam — 100 He 111 sur la ville
Au matin du 14 mai 1940, la situation à Rotterdam est confuse. La Wehrmacht — le général , à la tête de la — tient le sud de la ville, dans le secteur de Charlois-Feijenoord, tandis que les Néerlandais du général tiennent le nord, c’est-à-dire le centre historique. À 10 h 30, un ultimatum allemand est transmis à Scharroo : capitulation ou bombardement.
Les négociations sont en cours à 12 h 35, au pont van Brienenoord. Mais à Putzig, base de la Luftwaffe sur la côte balte, le « Totenkopf » de l’Oberst — cent bombardiers He 111 — a décollé à 13 heures pour bombarder Rotterdam, sur ordre de le 13 mai. Hoffmann ignore que des pourparlers se déroulent au sol.
À 13 h 22, la première vague de 54 He 111 entame le bombardement. Du sol montent alors des fusées rouges, signal lumineux ordonnant l’arrêt de l’opération. Trois escadrilles seulement l’aperçoivent et font demi-tour. Les 27 autres He 111 lâchent leurs bombes sur le centre historique : 1 308 tonnes en quinze minutes.
La question posée à l’historiographie demeure : cette confusion était-elle évitable ? Hoffmann pouvait-il arrêter le bombardement à temps ?
Hoffmann avait-il moyen de stopper le bombardement à temps ?
L’historiographie consensuelle retient B avec éléments de C. Le bombardement détruit 2,6 km² du centre de Rotterdam : 24 978 bâtiments détruits, 78 000 sans-abri, environ 900 morts civils (chiffres consensuels, longtemps sous-estimés à 30 000 par la propagande alliée). Le commandant Scharroo capitule immédiatement après le bombardement, à 15h00, pour épargner les autres villes néerlandaises. La reddition entre en vigueur le 15 mai à 11h00. Rotterdam reste l’archétype du bombardement urbain délibéré sur civils — sera utilisée comme précédent par les responsables britanniques pour justifier la riposte sur les villes allemandes (Hamburg 1943, Dresde 1945), et invoquée comme précédent côté allemand pour le Blitz sur Londres (septembre 1940). Hoffmann survit à la guerre, témoigne à Nuremberg mais n’est pas jugé. , Reichskommissar des Pays-Bas, est condamné à mort à Nuremberg en partie pour Rotterdam. La reconstruction de Rotterdam devient un chantier urbain majeur d’après-guerre ; la ville est aujourd’hui un modèle d’architecture moderne reconnu.









