Après la Nuit de Cristal de novembre 1938, des organisations caritatives britanniques obtiennent du gouvernement l'autorisation d'accueillir des enfants juifs réfugiés du Reich, sans leurs parents et sous caution financière. C'est le Kindertransport : de décembre 1938 à l'été 1939, des convois emmènent vers le Royaume-Uni des milliers d'enfants d'Allemagne, d'Autriche et de Tchécoslovaquie.
Pour les familles juives prises au piège des persécutions et du mur des visas, ces convois ouvrent une porte étroite — mais terrible. Les parents, le plus souvent, ne peuvent pas suivre : seuls les enfants partent.
Vous incarnez des parents juifs berlinois. Faut-il confier votre enfant à un convoi vers un pays étranger, chez des inconnus, dans l'espoir de le sauver, en acceptant une séparation dont nul ne sait si elle sera provisoire ? Garder la famille unie coûte que coûte, en pariant sur une émigration commune encore possible ? Ou différer, le temps de réunir les papiers pour partir tous ensemble, au risque que les portes se ferment ? Chaque jour qui passe rétrécit le champ des possibles.
Nos parents doivent-ils envoyer seul leur enfant vers l'Angleterre, ou tout faire pour rester ensemble ?
Historiquement, environ 10 000 enfants ont été sauvés par les Kindertransports avant que la guerre n'interrompe les convois en septembre 1939 — la plupart des familles ayant fait le choix déchirant de A. Beaucoup de ces enfants ne reverront jamais leurs parents, restés piégés et, pour nombre d'entre eux, assassinés durant la Shoah. Les Kindertransports figurent parmi les rares opérations de sauvetage d'envergure de l'avant-guerre ; ils n'auront concerné qu'une fraction des enfants menacés, faute de pays disposés à ouvrir leurs frontières aux adultes. Le sauvetage des enfants resta l'exception, non la règle. Après la guerre, beaucoup de ces enfants devenus adultes témoigneront de ce déchirement fondateur et de la perte des leurs.









