Un Tchèque sous le Protectorat
Le 16 mars 1939, Hitler a proclamé depuis le château de Prague le Protectorat de Bohême-Moravie. Du jour au lendemain, des millions de Tchèques se réveillent sous occupation allemande : drapeaux à croix gammée, troupes dans les rues, administration mise au pas, Gestapo qui s'installe. Le pays n'a pas combattu — l'effondrement a été diplomatique, non militaire.
Pour les habitants, la question n'est plus politique mais existentielle et quotidienne. La répression vise d'abord les opposants, les Juifs et les patriotes en vue ; la majorité de la population, elle, doit décider de son attitude face à l'occupant.
Vous incarnez un Tchèque de Bohême, citoyen ordinaire. Faut-il garder la tête basse et vous accommoder de l'occupation pour préserver votre famille et votre travail ? Fuir à l'étranger pour rejoindre l'émigration et, peut-être, une armée tchécoslovaque en exil ? Ou vous engager dans une résistance clandestine naissante, au risque de la prison ou de la mort ? Chaque choix engage la sécurité de vos proches et le sens que vous donnez à la défaite sans combat.
Notre Tchèque doit-il s'accommoder de l'occupation, fuir à l'étranger, ou entrer en résistance ?
L'immense majorité s'est résignée à A — survivre, travailler, attendre —, tandis que des minorités déterminées ont choisi B ou C. Plusieurs milliers de Tchèques et Slovaques quittent clandestinement le pays via la Pologne pour former, en France puis au Royaume-Uni, des unités tchécoslovaques en exil sous l'autorité de Beneš. À l'intérieur, des réseaux de résistance se constituent (l'UVOD), durement frappés par la Gestapo. Le Protectorat connaîtra une exploitation économique intense et une répression croissante, jusqu'aux représailles massives après l'assassinat de Heydrich en 1942. La grande masse de la population aura traversé l'occupation entre accommodement contraint et soutien discret à la résistance.









