L'institutrice tchèque et l'officier de la Wehrmacht
Au printemps 1940, à Brno, sous le Protectorat de Bohême-Moravie, le rationnement et la surveillance pèsent sur le quotidien des Tchèques. Une institutrice célibataire est régulièrement abordée par un officier de la Wehrmacht qui parle un peu tchèque ; il lui offre des denrées rares et laisse entendre qu'une relation lui vaudrait protection.
Dans tout le Protectorat, la cohabitation force le contact entre population tchèque et occupants allemands. Certaines femmes nouent des relations avec des Allemands, par calcul, par contrainte matérielle ou par sentiment ; d'autres s'y refusent par patriotisme ou par peur du regard des voisins.
L'institutrice sait que chaque geste est observé, et que la guerre finira un jour par rendre des comptes.
Face aux avances répétées d'un officier allemand qui lui offre nourriture et protection, comment réagit une institutrice tchèque de Brno ?
Sous le Protectorat, des milliers de femmes tchèques entretinrent des relations avec des Allemands, qu'elles fussent affectives ou intéressées : la cohabitation quotidienne et la pénurie y poussaient. À la Libération, ces relations furent stigmatisées comme « collaboration » et donnèrent lieu à des violences populaires (têtes rasées, humiliations publiques) puis à des poursuites devant les tribunaux populaires extraordinaires (mimořádné lidové soudy), institués par les décrets Beneš en 1945. Plus de 30 000 personnes y furent jugées ; les peines, très sévères à l'automne 1945, s'adoucirent ensuite. La réalité documentée n'est donc pas un choix individuel héroïque mais une cohabitation de masse suivie d'une rétribution collective.









