L'armistice de Saint-Jean-d'Acre
Après cinq semaines de combats acharnés, la campagne de Syrie tourne à l'avantage des Alliés et des Français Libres : Damas est tombée, Beyrouth est menacée, et les forces de Vichy du général Dentz, sans renforts possibles, sont à bout. Poursuivre n'a plus de sens militaire, mais la reddition pose des questions politiques épineuses, notamment sur le sort des soldats — rallieront-ils la France Libre ou rentreront-ils en métropole ? — et sur la place des Français Libres dans la négociation.
Les Britanniques, soucieux de ménager l'avenir de leur position au Moyen-Orient, négocient directement avec Dentz, au grand dam de De Gaulle qui exige que la France Libre soit pleinement associée et récupère hommes et matériel.
Dentz doit décider des conditions de la fin des combats : capituler en traitant essentiellement avec les Britanniques, en obtenant le rapatriement de ses troupes vers la France ; négocier un ralliement organisé à la France Libre ; ou prolonger une résistance désormais sans espoir. Le choix engage le sort de dizaines de milliers de soldats français et les relations, déjà tendues, entre Londres et de Gaulle.
À quelles conditions Dentz doit-il mettre fin aux combats au Levant ?
Dentz choisit A. L'armistice de Saint-Jean-d'Acre, signé le 14 juillet 1941, est négocié pour l'essentiel entre Vichy et les Britanniques, marginalisant la France Libre — ce qui provoque une violente crise entre de Gaulle et Londres, partiellement réglée par des accords ultérieurs. La grande majorité des soldats de Dentz (environ 37 000 sur 38 000) choisissent le rapatriement vers la France plutôt que le ralliement, désillusion cruelle pour de Gaulle qui espérait grossir ses rangs. La Syrie et le Liban passent sous contrôle allié et France Libre. L'épisode, en plus de sceller une victoire stratégique au Levant, illustre la défiance persistante entre Churchill et de Gaulle sur le statut de la France combattante.









