Le Reuben James coule : la guerre non déclarée
Depuis l'été 1941, la marine américaine escorte une partie des convois de l'Atlantique ; après l'incident du Greer, Roosevelt a donné l'ordre de « tirer à vue » (11 septembre). Le 17 octobre, le destroyer Kearny est torpillé (onze morts). Le 31 octobre 1941, l'U-552 du Kapitänleutnant Topp coule l'USS Reuben James près de l'Islande : une centaine de morts, le premier navire de guerre américain perdu — avant Pearl Harbor.
L'indignation est vive, mais l'isolationnisme reste puissant (America First, Lindbergh). Roosevelt doit trancher : demander au Congrès une déclaration de guerre à l'Allemagne, poursuivre la guerre navale non déclarée (escortes, armement des navires) en restant « en deçà de la guerre », ou reculer pour éviter l'incident fatal.
Le président avance sur une ligne de crête entre l'opinion et l'engrenage.
Après le naufrage du Reuben James, Roosevelt doit-il demander la guerre au Congrès, poursuivre la guerre navale non déclarée, ou reculer pour éviter l'incident de trop ?
Roosevelt ne demanda pas la guerre : l'opinion isolationniste et la prudence politique l'en retinrent. Il obtint plutôt, le 13 novembre 1941, la révision du Neutrality Act, autorisant l'armement des navires marchands et leur entrée dans les zones de guerre. Les États-Unis restèrent formellement neutres jusqu'à Pearl Harbor (7 décembre) et à la déclaration de guerre allemande (11 décembre 1941).









