Le Statut de Westminster de 1931 a reconnu l'autonomie des Dominions — Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud — y compris en matière de politique étrangère. En théorie, chacun peut désormais décider seul s'il entre ou non dans une guerre, même quand le Royaume-Uni est engagé.
À l'été 1939, alors que la guerre menace en Europe, cette autonomie pose une question brûlante. En Australie, le Premier ministre , en fonction depuis avril, doit définir la position de son pays. Au Canada, le Premier ministre King entend laisser le Parlement trancher. En Afrique du Sud, le gouvernement est profondément divisé entre partisans de la neutralité et partisans de l'engagement.
Menzies doit choisir. Affirmer que l'Australie, liée à la Couronne, entrera automatiquement en guerre aux côtés du Royaume-Uni, par fidélité et par intérêt impérial ? Revendiquer une décision pleinement indépendante, soumise au Parlement australien ? Ou temporiser en attendant de voir l'évolution de la crise européenne ? La réponse engage l'effort de guerre de tout un continent et la nature même du lien impérial.
L'Australie doit-elle suivre automatiquement le Royaume-Uni dans la guerre, ou décider en toute indépendance ?
Menzies choisit A : le 3 septembre 1939, il annonce à la radio que, le Royaume-Uni étant en guerre avec l'Allemagne, l'Australie l'est « par voie de conséquence ». Le Canada, lui, attendra un vote du Parlement quelques jours plus tard, affirmant ainsi son autonomie tout en entrant en guerre. L'Afrique du Sud connaîtra une crise gouvernementale : le partisan de la neutralité Hertzog sera renversé au profit de Smuts, qui fera entrer le pays dans le conflit. Les Dominions illustrent ainsi tout l'éventail des réponses — du suivisme loyal à la décision souveraine — qu'autorisait leur nouvelle autonomie. L'effort de guerre des Dominions, en hommes et en ressources, pèsera lourd dans la balance alliée au fil du conflit.









