Le pacte germano-soviétique du 23 août a fait l'effet d'un coup de tonnerre. En neutralisant l'URSS, il lève le principal obstacle à une attaque allemande contre la Pologne et fait basculer l'Europe au bord de la guerre. À Berlin, on espère peut-être que ce renversement convaincra Londres et Paris de lâcher Varsovie, comme on avait lâché Prague à Munich.
Le gouvernement britannique de Chamberlain, conseillé par le secrétaire au Foreign Office Lord Halifax, doit réagir vite. La garantie donnée à la Pologne en mars était une déclaration unilatérale ; un traité d'alliance en bonne et due forme aurait une tout autre portée politique et juridique.
Le dilemme est clair. Transformer immédiatement la garantie en alliance formelle et contraignante, pour signifier à Hitler que l'agression contre la Pologne signifierait la guerre avec le Royaume-Uni — au risque de s'engager irrévocablement ? Temporiser, par crainte d'aggraver la tension après le choc du pacte ? Ou chercher un compromis pour éviter la guerre ? Le signal envoyé à Berlin peut décider de la paix ou du conflit.
Londres doit-il transformer sa garantie en alliance formelle pour dissuader Hitler, au lendemain du pacte ?
Londres choisit A : le 25 août 1939, le Royaume-Uni et la Pologne signent un traité d'assistance mutuelle, transformant la garantie de mars en alliance formelle. Le message à Hitler est sans ambiguïté : l'agression contre la Pologne entraînera la Grande-Bretagne dans la guerre. Conjugué au même moment à la dérobade de Mussolini, ce geste de fermeté conduit Hitler à reporter de quelques jours l'attaque prévue pour le 26 août. Le pari de la dissuasion échoue toutefois sur le fond : déterminé, Hitler ne renonce pas. L'alliance du 25 août fonde l'engagement qui mènera Londres à déclarer la guerre le 3 septembre.









