Le Pacte d'acier de mai engageait l'Italie à entrer en guerre aux côtés de l'Allemagne sans condition. Mais lorsque, fin août 1939, Hitler informe Mussolini de son intention d'attaquer la Pologne sous peu, le Duce mesure le piège : l'Italie, qu'il sait incapable de soutenir un grand conflit, va être appelée à honorer sa signature.
Mussolini est tiraillé. L'orgueil et l'idéologie le poussent à rester fidèle à l'allié allemand et à ne pas perdre la face. La réalité — pénurie de matières premières, armée mal équipée, opinion peu belliqueuse — lui commande la prudence. Son gendre Ciano, hostile à la guerre, plaide pour se dégager.
Trois voies s'offrent à lui. Honorer le Pacte d'acier et entrer en guerre aux côtés de l'Allemagne, au mépris de l'impréparation italienne ? Se dérober en invoquant cette impréparation, au risque d'humilier le régime et de froisser Hitler ? Ou poser des conditions si lourdes qu'elles équivaudraient à un refus déguisé ? La réponse de Rome pèsera sur le calcul de Berlin à la veille de l'attaque.
Mussolini doit-il honorer le Pacte d'acier et entrer en guerre, ou se dérober en invoquant l'impréparation italienne ?
Mussolini choisit C, qui revient à B : le 25 août, il fait savoir à Hitler que l'Italie ne pourra entrer en guerre que si l'Allemagne lui livre des quantités astronomiques de matières premières et d'équipements — une liste délibérément exorbitante, impossible à satisfaire. C'est un refus à peine voilé. L'Italie se déclarera « non belligérante » au début du conflit, n'entrant en guerre qu'en juin 1940, lorsque la victoire allemande paraîtra acquise. La dérobade italienne, ajoutée à la fermeté britannique du même jour, contribue au bref report de l'attaque allemande — sans en changer l'issue. Ciano, hostile au conflit, voit dans cette dérobade un répit bienvenu pour un pays qu'il sait impréparé.









