Mussolini — Palazzo Venezia, 1er septembre
, 56 ans, dirige l'Italie depuis 1922. Il a signé en mai 1939 le Pacte d'Acier avec l'Allemagne nazie — alliance militaire engageant Rome à entrer en guerre en cas de conflit allemand, dans les délais convenus. Son gendre , ministre des Affaires étrangères, a signé l'accord en croyant à un délai de 3-4 ans avant tout déclenchement.
Le 11 août 1939, Ciano rencontre à Salzbourg, puis Hitler au Berghof. Il découvre que l'Allemagne attaquera la Pologne dans quelques jours. Mussolini est informé. Le 25 août 1939, par lettre, le Duce explique à Hitler : « Si l'Allemagne attaque la Pologne et que les Alliés contre-attaquent, l'Italie ne pourra pas participer immédiatement à cause de l'état de ses préparatifs. » Il demande des livraisons massives de matières premières (12 millions de tonnes de matériel) impossibles à fournir. Hitler accepte.
Le 1er septembre 1939, l'invasion débute. Mussolini doit choisir publiquement sa position. L'opinion italienne est massivement opposée à la guerre. L'armée n'est pas prête : 1,7 million d'hommes mais matériel obsolète, marine sans porte-avions, aviation surévaluée. Le Roi , Badoglio, et le ministre des Finances Thaon di Revel poussent à l'abstention. Trois options sont sur la table de Ciano.
Quelle formule annoncer publiquement ce 1er septembre ?
Mussolini choisit B. Le 1er septembre à 18h, le Conseil des ministres italien adopte la formule de "non-belligérance" — l'Italie n'entre pas en guerre mais ne renonce pas à le faire ultérieurement. Le 2 septembre, Mussolini propose à Paris et Londres une conférence à cinq (modèle Munich) pour résoudre la crise polonaise — initiative diplomatique morte-née (Britanniques refusent, Polonais déjà attaqués). La non-belligérance italienne dure jusqu'au 10 juin 1940, date à laquelle Mussolini entre en guerre contre la France et le Royaume-Uni, jugeant la victoire allemande imminente et voulant "une part du gâteau". La formule "non-belligérance" devient un terme classique du droit international.









