Roosevelt — la révision du Neutrality Act
, 57 ans, en est à son deuxième mandat de président, débuté en janvier 1937. Au 1er septembre 1939, le Neutrality Act de 1937 lie les États-Unis : embargo automatique sur les ventes d'armes à tout belligérant. Une vente d'avions ou de canons à la France ou au Royaume-Uni est illégale. Roosevelt veut casser cet embargo sans franchir le seuil politique d'une entrée en guerre que l'opinion américaine refuse massivement (75 % des sondés selon Gallup en septembre 1939).
Le 5 septembre, il proclame officiellement la neutralité. En privé, il prépare une révision du Neutrality Act. Le 21 septembre, il convoque le Congrès en session extraordinaire et présente un projet : remplacer l'embargo automatique par une formule "Cash and Carry" — les belligérants peuvent acheter armes et munitions s'ils paient en dollars comptant et transportent eux-mêmes sur leurs navires (donc en pratique, seuls les Britanniques et Français peuvent le faire — le blocus naval allié exclut l'Allemagne).
Le débat au Congrès dure six semaines. Les isolationnistes menés par les sénateurs Borah, , et s'opposent. Roosevelt s'appuie sur (Affaires étrangères) et le sénateur . Lindbergh, héros national, milite contre dans des discours radiodiffusés. Roosevelt doit décider de l'intensité de son engagement personnel.
Comment Roosevelt fait-il passer le vote ?
Roosevelt choisit B. Il s'abstient de discours national majeur, négocie en coulisses avec les sénateurs démocrates et les républicains modérés (Vandenberg compris). et (Postmaster General) sont les opérateurs de la campagne. Le projet passe au Sénat le 27 octobre (63 voix contre 30), à la Chambre le 2 novembre (243 contre 181), et est signé par Roosevelt le 4 novembre 1939. La Neutrality Act amendée ouvre la porte aux ventes d'armes à la France et au Royaume-Uni, qui passent massivement commande. C'est le premier basculement réel des États-Unis vers le camp allié. La doctrine "Cash and Carry" évoluera vers le Lend-Lease Act (mars 1941), puis l'entrée en guerre après Pearl Harbor (décembre 1941). Roosevelt qualifiera plus tard la victoire du 4 novembre 1939 comme « la première étape qui a permis à la démocratie de survivre ».









