Léopold III — Bruxelles, 3 septembre
, 38 ans, est roi des Belges depuis 1934 — il a succédé à son père , mort dans un accident d'escalade à Marche-les-Dames. En 1936, il a annoncé la "politique d'indépendance" belge : abandon de l'alliance militaire de 1920 avec la France, retrait des accords de Locarno, neutralité armée garantie par le Royaume-Uni, la France et — théoriquement — l'Allemagne. La doctrine est saluée par Berlin et acceptée à contrecœur par Paris.
L'invasion de la Pologne en septembre 1939 met dans une position délicate. Le Premier ministre (catholique francophone) et le ministre des Affaires étrangères (socialiste flamand) lui soumettent les options possibles.
L'armée belge mobilise 600 000 hommes (mobilisation totale décrétée le 1er septembre). Une partie significative de l'opinion francophone (libéraux, socialistes urbains) pousse à se rapprocher de Paris et Londres. Le Vlaamsch Nationaal Verbond (VNV) flamand et une partie du clergé catholique poussent à la stricte neutralité ou même à un rapprochement avec l'Allemagne. est à la fois chef de l'État et commandant en chef (rôle constitutionnel hérité de son grand-père ). Il a une marge d'autonomie inhabituelle dans le régime parlementaire belge.
Quelle posture annoncer publiquement le 3 septembre, après les déclarations de guerre franco-britanniques ?
choisit B. Le 3 septembre 1939, déclaration officielle de neutralité stricte : la Belgique interdira son espace aérien et son territoire à tout belligérant. Mobilisation maintenue. Le 7 novembre 1939 et le 10 mai 1940, refusera les offres d'alliance préventive transmises par Gamelin et Lord Gort. Cette neutralité est respectée par Berlin jusqu'au 10 mai 1940, date de l'invasion. restera roi et commandant en chef pendant la Campagne des 18 jours (10-28 mai 1940). Le 28 mai au matin, après l'effondrement du front, il signera la capitulation seul, sans son gouvernement (qui partira en exil à Londres et le désavouera). La rupture entre le Roi et le gouvernement en exil sera le fondement de la Question royale qui divisera la Belgique d'après-guerre — Léopold abdiquera en 1951 en faveur de son fils Baudouin. Sa politique de neutralité de 1939 reste contestée : a-t-elle protégé la Belgique six mois de plus, ou a-t-elle empêché une défense coordonnée qui aurait pu changer l'issue de Fall Gelb ?









