Tanner à Moscou — délégation 6 mars
, 58 ans, est ministre des Affaires étrangères depuis le 2 décembre 1939. Vétéran social-démocrate, ancien Premier ministre (1926-1927), il est respecté à gauche comme à droite. Sa mission : trouver une issue diplomatique à la Guerre d'Hiver alors que l'armée finlandaise s'épuise.
Premiers contacts secrets via Stockholm : la comtesse (ambassadrice soviétique en Suède, vétérane bolchevique) sert de canal entre les deux gouvernements. Du 14 février au 5 mars 1940, négociations indirectes : Tanner via la Suède (ministre ) et Kollontaï via Moscou (Molotov).
Conditions soviétiques initiales (5 mars) : cession de l'isthme de Carélie complet (incluant Vyborg), des rives nord du lac Ladoga (région de Sortavala), des îles du golfe de Finlande, du port de Hanko (bail 30 ans), des terrains de Salla et Kuusamo dans le nord. Pas d'annexion politique de la Finlande, qui conserve son indépendance.
Délégation finlandaise envoyée à Moscou le 6 mars 1940 : (Premier ministre), (négociateur de Tartu 1920), Tanner lui-même, (industriel). Conditions soviétiques s'aggravent à Moscou : ajout du bail de 99 ans sur Petsamo, prélèvement de 300 millions de marks de réparations.
Tanner doit choisir de signer ou non.
Tanner doit-il accepter les conditions soviétiques ?
Tanner et la délégation choisissent A avec quelques nuances B. Le 12 mars 1940 à 23h00, le traité de paix de Moscou est signé. La Finlande cède 35 000 km² (11 % du territoire), évacue 422 000 réfugiés vers l'intérieur. Mais elle conserve son indépendance, son armée, son gouvernement — résultat exceptionnel par rapport au sort des États baltes (annexés en juin 1940). Tanner reste ministre, joue un rôle dans la Continuation War 1941-1944 (alliance tactique avec l'Allemagne pour récupérer les territoires perdus). Arrêté par les Soviétiques après la guerre, jugé au procès des responsables de guerre finlandais (1945-1946), condamné à 5 ans et demi de prison, libéré en 1948, gracié, réhabilité. Continue sa carrière politique au SDP jusqu'à sa mort en 1966 à 85 ans. La Paix de Moscou reste une catastrophe relative pour la Finlande mais une victoire morale : le pays seul a tenu 105 jours contre l'URSS et a survécu.









