Après l'écrasement de la Pologne (1939) et le démembrement de la Tchécoslovaquie (1938-1939), des dizaines de milliers de militaires polonais et tchécoslovaques ont fui vers la France pour continuer le combat. Leurs gouvernements en exil (Sikorski pour la Pologne, Beneš pour la Tchécoslovaquie) s'organisent sur le sol français et cherchent à donner un avenir à ces hommes.
Ces hommes, qui ont déjà tout perdu, font un choix d'engagement. Reconstituer des unités et combattre aux côtés des Français, malgré l'équipement de fortune et l'incertitude. Attendre une meilleure organisation avant de s'engager. Ou, pour certains, chercher à gagner d'autres théâtres (Moyen-Orient, Royaume-Uni).
Pour les Alliés, ces forces étrangères représentent un appoint potentiel et un symbole : la guerre des nations occupées peut se poursuivre depuis l'exil. Mais leur emploi pose des questions de commandement, d'équipement et de moral. Beaucoup brûlent de combattre l'occupant de leur patrie ; la France leur offre une base. Que doivent décider ces soldats sans pays ?
Les militaires polonais et tchèques doivent-ils reconstituer des unités et combattre en France, attendre, ou gagner d'autres théâtres ?
Ils choisissent massivement A : Polonais et Tchécoslovaques reconstituent en France, dès l'hiver 1939-1940, des forces significatives (l'armée polonaise en France comptera plusieurs dizaines de milliers d'hommes) qui combattront lors de la campagne de 1940 (notamment en Norvège à Narvik, et sur le front français). Après la défaite, beaucoup s'évacuent vers le Royaume-Uni (C) pour poursuivre la lutte : les pilotes polonais s'illustreront dans la bataille d'Angleterre, et les unités tchèques et polonaises serviront jusqu'à la victoire. L'engagement de ces exilés, qui se battent pour libérer leur patrie occupée, illustre la dimension internationale de la résistance à l'Axe dès 1939-1940 — et le rôle de la France, puis de l'Angleterre, comme base de la guerre des nations libres.









