Dès la drôle de guerre, une guerre des ondes oppose les radios. L'Allemagne diffuse vers la France des émissions de propagande en français, dont celles d'un certain , surnommé « le traître de Stuttgart », qui distille défaitisme, division et nouvelles démoralisantes pour saper le moral français. En face, la radio française tente de contrer cette influence.
Pour vous, auditeur, la tentation d'écouter « Radio Stuttgart » se pose. L'écouter par curiosité ou pour « savoir ce que dit l'ennemi », au risque d'absorber sa propagande. Vous en détourner par patriotisme, en vous en tenant aux radios françaises. Ou l'écouter d'un esprit critique, pour décrypter et dénoncer la manipulation.
La radio est devenue une arme : elle façonne les opinions, sème le doute, exploite les divisions. Écouter l'ennemi, c'est risquer de relayer ses rumeurs et son défaitisme ; mais l'interdire totalement est impossible. La « guerre des ondes » fait de la radio un champ de bataille à part entière — Radio Stuttgart d'un côté, les radios alliées de l'autre.
Notre auditeur doit-il écouter la radio de propagande ennemie, s'en détourner, ou l'écouter d'un esprit critique ?
Les comportements varient, mais l'écoute de Radio Stuttgart est suffisamment répandue pour inquiéter les autorités françaises, qui en font une cible de leur contre-propagande. Les émissions de Ferdonnet et consorts distillent défaitisme et division, exploitant l'ennui et les fractures de la drôle de guerre — avec un effet réel, quoique difficile à mesurer, sur une opinion déjà ébranlée. La « guerre des ondes » de 1939-1940 inaugure une dimension majeure du conflit : la bataille pour les esprits. Après la défaite, le rapport de force s'inversera, la BBC devenant le grand vecteur d'espoir et de résistance dans l'Europe occupée. Ferdonnet, lui, sera jugé et exécuté à la Libération.









