Béthouart à Briançon — préparer Narvik
, 50 ans, est un général d'élite : diplômé de Polytechnique en 1908, il a dirigé la Section Alpine de l'École militaire de haute montagne de Chamonix dans les années 1920. Combattant de 1914-1918, il a commandé en Syrie de 1920 à 1925. En décembre 1939, il prend la tête de la nouvelle française, formation alpine constituée pour le Plan Narvik.
La brigade rassemble 6 000 chasseurs alpins formés au combat hivernal, équipés de skis Rossignol, de fusils Berthier MAS 36, de mortiers de 81 mm et de canons antichars de 25 mm. Sa mission : débarquer à Narvik, en Norvège, en mars 1940, pour couper la route du minerai de fer suédois acheminé vers l'Allemagne. La doctrine prévoit une collaboration étroite avec la Royal Navy pour l'escorte, un appui aux Norvégiens et une liaison avec la , elle aussi destinée au débarquement.
Du 20 janvier au 15 février 1940, Béthouart entraîne sa brigade à Briançon, dans les Hautes-Alpes : exercices de ski en altitude, manœuvres avec des sacs de 40 kg, bivouacs à -25 °C. Du 15 au 28 février, les unités embarquent progressivement à Brest sur 4 paquebots affrétés, le Champollion, le Mexique, le Colombie et la Ville d'Oran. Mais la mission de Narvik est suspendue le 12 mars 1940 : la Paix de Moscou ôte tout prétexte d'aide à la Finlande.
Béthouart doit décider du sort de sa brigade après cette annulation.
Que doit faire Béthouart après l'annulation du Plan Narvik ?
Béthouart et le commandement français choisissent B. La reste embarquée. Le 9 avril 1940, l'invasion allemande de la Norvège (opération Weserübung) déclenche la mission : débarquement immédiat à Narvik le 14 avril 1940. Béthouart commande l'opération conjointement avec le général britannique et le polonais Bohusz-Szyszko. Combats acharnés mai 1940 : prise de Narvik le 28 mai 1940 — première victoire alliée de la guerre. Mais l'effondrement français simultané (10 mai - 22 juin) impose un retrait. Évacuation alliée de Narvik les 4-8 juin 1940. Béthouart rapatrie sa brigade en Bretagne le 13 juin — quelques jours avant l'armistice. Il refuse de servir Vichy, passe en Afrique du Nord, négocie en novembre 1942 l'acceptation française du débarquement allié au Maroc (opération Torch). Continue de servir : campagne d'Italie, Provence, Allemagne. Après-guerre, ambassadeur à Vienne 1946-1950. Meurt en 1982 à 92 ans.









