Altmayer et la 5e DLC dans les Ardennes
Au déclenchement de la guerre, l'armée française compte encore 180 000 chevaux en service actif — un chiffre quasi inchangé depuis 1918. Ils se répartissent en trois grandes catégories : la cavalerie d'arme, avec 17 régiments de cuirassiers, de hussards et de chasseurs à cheval, soit environ 28 000 sabres formant 7 brigades ; la cavalerie portée, 5 régiments motorisés qui conservent toutefois des « escadrons à cheval » pour la reconnaissance ; et l'artillerie hippomobile, qui représente 60 % des 5 700 canons de l'artillerie divisionnaire, tractés par des chevaux.
Le général , 49 ans, commande la 5e Division légère de cavalerie — 5 200 hommes, 2 800 chevaux, 12 chars Hotchkiss H35 et 16 canons antichars de 25 mm. Sa mission : la reconnaissance dans les Ardennes, zone réputée infranchissable par les blindés selon la doctrine Gamelin — d'où l'idée que la cavalerie y suffit.
Durant l'hiver 1939-1940, la patrouille à pied et à cheval entre Bouillon, en Belgique, et Sedan. Aucun combat. On entraîne les chevaux au franchissement des champs minés, exercice impossible. Altmayer rapporte à l'état-major : « Nos chevaux gèlent au pâturage. Nos hommes se demandent ce qu'ils font ici. »
L'état-major doit décider comment moderniser l'emploi de la cavalerie.
Comment moderniser l'usage de la cavalerie pendant la drôle de guerre ?
L'état-major français (Gamelin) applique B. Pas de réforme de la cavalerie pendant l'hiver. Au 10 mai 1940, 3 divisions légères de cavalerie sont déployées dans les Ardennes face au de Guderian (3 divisions blindées, 800 chars Panzer). Le résultat est catastrophique : la d'Altmayer est anéantie en 48 heures le 12-13 mai 1940 par les Panzer dans la forêt des Ardennes. Pertes : 70 % des hommes tués ou prisonniers, 100 % des chevaux abattus. Altmayer survit, fait prisonnier, libéré en 1945, témoigne au procès des chefs militaires français en 1947, accuse Gamelin de faute majeure. Réhabilité, retraite, meurt en 1956. La bataille des Ardennes 1940 restera l'archétype du désastre doctrinal français — chevaux contre Panzer. Au total, 40 000 chevaux français seront tués en mai-juin 1940 dans la bataille de France. La leçon est tirée par De Gaulle (Vers l'armée de métier, 1934, prophétique) et par Manstein. Mais paradoxalement, la Wehrmacht elle-même maintiendra 2,75 millions de chevaux en service pendant la guerre.









