Le charbon de l'ennemi ou celui de l'allie
L'Italie ne possede presque pas de charbon. Son industrie et ses chemins de fer en dependent entierement, et jusqu'au milieu des annees 1930 l'essentiel venait par mer de Grande-Bretagne. Avec la guerre, Londres durcit le blocus et s'apprete a declarer contrebande le charbon allemand transporte par mer.
Deux portes s'ouvrent alors a Rome. Londres propose un vaste accord commercial : livrer plusieurs millions de tonnes de charbon a l'Italie, et laisser passer le charbon allemand par voie maritime, en echange de fournitures industrielles et d'armements italiens. Berlin, de son cote, promet d'acheminer le charbon par voie terrestre, par trains traversant les Alpes au Brenner, a l'abri de la flotte britannique.
Accepter Londres lie l'economie de guerre italienne a la puissance que Mussolini juge declinante et compromet le rapprochement avec Hitler ; s'en remettre a Berlin reporte tout le fardeau sur une seule ligne ferroviaire alpine.
Face a la penurie de charbon, comment l'Italie doit-elle securiser son approvisionnement au debut de 1940 ?
Mussolini retint l'option allemande. Alors que les negociations commerciales anglo-italiennes semblaient aboutir, il opposa son veto a l'accord avec Londres a la mi-fevrier 1940, refusant de fournir des armements aux Allies. La Grande-Bretagne declara alors contrebande le charbon allemand achemine par mer (1er mars 1940), coupant cette voie. L'Italie misa entierement sur le charbon allemand par voie terrestre : a partir du printemps 1940, l'Allemagne livra environ un million de tonnes par mois, transportees par une trentaine de trains de marchandises franchissant le Brenner. Cette dependance d'une unique artere ferroviaire devint une vulnerabilite structurelle de l'effort de guerre italien.









