Valletta, Fiat et l'occupant allemand
Après l'armistice italien du 8 septembre 1943, les Allemands occupent le Nord de l'Italie. Turin tombe sous leur contrôle, et Fiat, premier groupe industriel du pays, passe sous la tutelle de l'organisation d'armement du Reich. , administrateur délégué depuis 1928, voit affluer les exigences : camions, moteurs, matériel de guerre pour la Wehrmacht.
Les Allemands menacent. Une production jugée insuffisante peut entraîner l'arrestation des dirigeants, la saisie des usines, voire le démontage des machines-outils pour les transférer en Allemagne. Mais collaborer pleinement, c'est armer l'occupant et trahir un pays déjà retourné contre l'Axe.
Valletta n'est pas membre du parti fasciste ; ses sympathies penchent ailleurs. Il doit décider comment manœuvrer entre la pression allemande, les ouvriers qui se soulèvent et une issue de guerre de plus en plus incertaine.
Sous l'occupation allemande, quelle attitude Valletta doit-il adopter face aux exigences de production de guerre du Reich ?
Valletta a joué un double jeu. Il a maintenu les usines nominalement en activité pour éviter leur démantèlement et le transfert des machines en Allemagne, tout en multipliant les prétextes pour ralentir et freiner la production d'armement destinée au Reich. Parallèlement, Fiat a apporté un soutien financier clandestin à la Résistance et toléré le sabotage interne par les cellules ouvrières. Cette ligne lui valut, à la Libération, des accusations de collaboration (et une éviction temporaire par les comités de libération), avant d'être réhabilité ; l'usine Mirafiori et son outillage furent ainsi largement préservés pour la reconstruction d'après-guerre.









