L'eau lourde de Vemork — une course contre l'Allemagne
Début 1940, le physicien mène au Collège de France des recherches sur la fission de l'uranium. Son équipe possède un stock d'uranium mais ne dispose que de quelques grammes d'eau lourde, le ralentisseur de neutrons indispensable à ses expériences. Or le seul stock mondial significatif, environ 185 kg, dort à l'usine Norsk Hydro de Vemork, en Norvège, pays encore neutre.
Le problème : le groupe chimique allemand IG Farben a lui aussi cherché à acquérir cette eau lourde. La Norvège est neutre, l'achat se ferait à découvert et pourrait alerter Berlin ; une intervention maladroite risquerait de pousser le stock dans les mains adverses.
Ministre de l'Armement, doit décider comment sécuriser ce stock stratégique sans déclencher de réaction allemande ni d'incident diplomatique avec un pays neutre.
Comment Dautry tente-t-il de mettre la main sur le stock norvégien d'eau lourde avant l'Allemagne ?
Dautry choisit l'opération clandestine. En février 1940, il confie la mission à , officier du service des Poudres et banquier de Paribas, qui entretenait des liens avec Norsk Hydro. Le directeur général , favorable à la France et ayant déjà refusé de céder le stock à IG Farben, accepta de remettre gratuitement les 185 kg, répartis en bidons. En mars 1940, Allier organisa l'évacuation par avion via l'Écosse, avec un avion-leurre dérouté vers Amsterdam que les Allemands interceptèrent en n'y trouvant que des fûts vides. L'eau lourde arriva à Paris vers le 16 mars 1940. Lors de l'invasion de juin 1940, elle fut évacuée vers la Grande-Bretagne à bord du Broompark.









