L'occupation de Prague le 15 mars 1939 a anéanti la politique d'apaisement de , qui jugeait encore récemment l'horizon international « serein ». Deux semaines plus tard, des rumeurs alarmantes circulent : l'Allemagne pourrait se tourner vers la Pologne, voire frapper par surprise.
Chamberlain doit redéfinir d'urgence la position britannique. Donner à la Pologne une garantie unilatérale, c'est dissuader Hitler en l'avertissant qu'une agression signifierait la guerre avec le Royaume-Uni — mais c'est aussi remettre à Varsovie la décision d'entraîner Londres dans un conflit continental, sur un théâtre où la Grande-Bretagne ne peut presque rien militairement.
Trois voies s'offrent à lui. Offrir une garantie ferme et immédiate à la Pologne, rupture totale avec l'apaisement ? Poursuivre la recherche d'un règlement négocié, en évitant tout engagement automatique ? Ou subordonner toute garantie à une grande alliance incluant d'abord l'URSS, plus solide militairement mais politiquement délicate ? La crédibilité britannique et la paix de l'Europe se jouent dans cette décision, prise en quelques jours. De cette décision dépendent la posture de Londres pour tout l'été et le signal envoyé à Berlin sur la fermeté occidentale.
Chamberlain doit-il offrir une garantie unilatérale à la Pologne, au risque de remettre à Varsovie la décision de guerre ?
Chamberlain choisit A : le 31 mars 1939, il déclare aux Communes que, si l'indépendance polonaise était menacée et que Varsovie jugeait vital d'y résister, le Royaume-Uni lui prêterait « tout l'appui en son pouvoir » ; la France s'y associe. C'est un revirement spectaculaire après des années d'apaisement. Les historiens débattent toujours de cette garantie : geste de dissuasion nécessaire face à un dictateur, ou « chèque en blanc » militairement invérifiable qui liait la paix britannique aux décisions de Varsovie ? Quoi qu'il en soit, elle fonde l'engagement qui conduira Londres à déclarer la guerre le 3 septembre 1939, après l'invasion de la Pologne.









