Depuis des années, l'Albanie du roi vit sous la tutelle économique et militaire croissante de l'Italie fasciste, qui a financé son régime. Au printemps 1939, Mussolini, jaloux des succès de Hitler et désireux d'un triomphe à lui, exige un protectorat pur et simple : présence militaire, colonisation, mainmise totale.
Zog temporise et écarte les accords qu'on lui présente en échange d'une mainmise italienne complète. Mais ses moyens sont dérisoires : l'armée albanaise ne compte que quelques milliers d'hommes mal équipés, et l'aide extérieure fait défaut.
Le 7 avril 1939 — un Vendredi saint — l'Italie débarque ses troupes. Zog, dont l'épouse vient d'accoucher trois jours plus tôt, doit décider en quelques heures. Tenter une résistance désespérée avec une armée minuscule, au nom de l'honneur national ? Accepter le protectorat italien pour conserver un trône vassalisé ? Ou quitter le pays pour préserver sa famille et, peut-être, une légitimité en exil ? Le sort de la dynastie, des réserves de l'État et de l'indépendance albanaise se joue dans la journée même du débarquement.
Face au débarquement italien, Zog doit-il résister, accepter le protectorat, ou fuir ?
Zog choisit C : le jour même, il fuit vers la Grèce avec la reine Geraldine, leur fils nouveau-né Leka et une partie des réserves d'or de la banque centrale. La résistance albanaise, sporadique, est balayée en quelques jours. Le 12 avril, un parlement albanais croupion dépose Zog et offre la couronne au roi d'Italie : l'Albanie devient une possession de la Couronne italienne. La fuite préserve la famille royale mais scelle la fin de l'indépendance. L'agression, survenue juste après Prague, accélère les garanties britanniques et françaises à la Grèce et à la Roumanie, désormais menacées dans les Balkans.









