L'occupation de Prague, le 15 mars 1939, a brisé les illusions de l'appeasement. Le pays comprend qu'une guerre est désormais probable. Le 29 mars, le secrétaire à la Guerre annonce un doublement de la — la réserve de volontaires —, qui doit passer d'environ 130 000 à 340 000 hommes, plus 100 000 supplémentaires pour la défense antiaérienne.
Pour les jeunes hommes, l'appel est direct. La conscription en temps de paix n'existe pas encore (elle viendra en mai), mais l'engagement volontaire dans la devient un geste patriotique très en vue, encouragé par une hausse de la solde et de meilleures conditions.
Vous incarnez un jeune Britannique, la vingtaine. Vous engager dès maintenant comme volontaire dans la , par patriotisme et pour choisir votre arme, au risque d'être mobilisé tôt si la guerre éclate ? Attendre une éventuelle conscription qui, sinon, décidera pour vous ? Ou rester à l'écart, par conviction, par carrière ou par scepticisme ? La décision est personnelle, mais des centaines de milliers d'hommes l'affrontent au même moment, dans une atmosphère où s'enrôler devient un signe d'engagement.
Notre jeune Britannique doit-il s'engager comme volontaire maintenant, attendre la conscription, ou rester à l'écart ?
Beaucoup ont choisi A : l'annonce du 29 mars déclenche une ruée vers les bureaux de recrutement. Environ 88 000 hommes s'engagent dès la fin avril 1939, et la gonfle vers son objectif (un corps de campagne porté de 130 000 à 340 000 hommes, plus la défense antiaérienne). Cet élan de volontariat précède de peu le Military Training Act de mai, première conscription en temps de paix, puis la mobilisation générale de septembre. Les volontaires de mars-avril 1939 formeront l'ossature des divisions territoriales engagées en France en 1940. Le sursaut d'enrôlement traduit le basculement de l'opinion britannique vers l'acceptation d'une guerre désormais jugée inévitable.









