Dans les tout derniers jours d'août 1939, une frénésie de démarches tente d'éviter l'irréparable. À Berlin, l'ambassadeur britannique multiplie les entretiens ; un homme d'affaires suédois, , fait la navette officieuse entre Göring et Londres pour transmettre messages et propositions.
Hitler joue de cette agitation. Il avance des exigences sur Dantzig et le couloir, puis réclame qu'un plénipotentiaire polonais, doté de pleins pouvoirs, se présente à Berlin dans un délai d'une journée — condition quasi impossible à satisfaire dans le temps imparti. Londres s'interroge sur les intentions réelles de Berlin : véritable ouverture à la négociation, ou mise en scène destinée à fixer la rupture sur l'adversaire ? Le souvenir de Munich, où la pression du calendrier avait arraché des concessions, hante chaque échange.
Le gouvernement britannique doit décider de sa conduite. Pousser la Pologne à envoyer un négociateur sous l'ultimatum, en espérant gagner du temps, au risque d'un nouveau Munich aux dépens de Varsovie ? Refuser cette mise en demeure et s'en tenir fermement à l'alliance, quitte à fermer la dernière porte diplomatique ? Ou tenter une formule médiane via Dahlerus ? La paix, ou la guerre, se joue en quelques heures.
Londres doit-il pousser la Pologne à céder au piège de l'ultimatum, ou refuser et s'en tenir à l'alliance ?
Londres choisit pour l'essentiel C : instruit par Munich, le gouvernement britannique refuse de pousser la Pologne à se présenter à Berlin sous la contrainte d'un ultimatum de quelques heures. Aux yeux de Londres, l'objectif allemand était moins de négocier que de fabriquer une apparence de bonne volonté et de rejeter sur la Pologne la responsabilité de la rupture — un piège qui rappelait celui tendu à d'autres avant l'Anschluss et Munich. Les démarches de Henderson et de Dahlerus se poursuivent, mais butent sur des exigences allemandes inacceptables et un calendrier intenable. Aucune médiation n'aboutit. Le 1er septembre, l'Allemagne attaque la Pologne ; le 3, le Royaume-Uni et la France déclarent la guerre. La diplomatie de la dernière chance aura surtout servi à Hitler pour tenter — sans succès — d'endosser le rôle de l'homme de paix trahi.









