Fin août 1939, l'imminence de l'attaque allemande ne fait plus guère de doute pour le commandement polonais. Pour qu'une armée soit prête à combattre, il faut la mobiliser à temps : rappeler les réservistes, acheminer les unités, armer les positions. Chaque jour de retard se paie en vies et en terrain.
Mais Varsovie subit une forte pression de ses alliés. La France et le Royaume-Uni, qui poursuivent d'ultimes démarches diplomatiques, redoutent qu'une mobilisation générale polonaise visible ne soit interprétée comme une provocation et ne fournisse à Hitler un prétexte. Ils pressent la Pologne de temporiser.
Le maréchal Rydz-Śmigły et le gouvernement sont devant un choix cornélien. Décréter sans délai la mobilisation générale, au nom de l'impératif militaire, quitte à contrarier les alliés ? Différer sous la pression franco-britannique, pour préserver les chances de la diplomatie, au risque de prendre du retard ? Ou ordonner une mobilisation partielle et discrète, compromis bancal entre les deux ? Chaque heure perdue ou gagnée dans cette course contre la montre pourrait se mesurer, le moment venu, en territoires et en vies.
La Pologne doit-elle décréter sans délai la mobilisation générale, ou la différer sous la pression des Alliés ?
La Pologne subit le pire des deux mondes : ayant amorcé la mobilisation générale les 29-30 août, elle la suspend brièvement à la demande pressante de la France et du Royaume-Uni, avant de la relancer le 31 août. Ce contretemps, imposé par la diplomatie alliée, désorganise le calendrier et fait perdre des heures précieuses au moment où l'armée allemande s'apprête à frapper. Quand l'attaque survient le 1er septembre, une partie des unités polonaises n'a pas achevé son déploiement. La mobilisation contrariée de fin août illustre la tension entre logique militaire et calculs diplomatiques — au détriment, ici, de la Pologne.









