Malte sous l'« Illustrious Blitz »
Petite île britannique au cœur de la Méditerranée, entre la Sicile et l'Afrique, Malte est un verrou stratégique : de ses ports et aérodromes, on peut frapper les convois qui ravitaillent l'Axe en Libye. Après le raid de Tarente, son importance n'a fait que croître — et avec elle, l'acharnement de l'ennemi.
En janvier 1941, l'arrivée du allemand en Sicile change tout. Lorsque le porte-avions Illustrious, gravement endommagé, se réfugie au Grand Port de La Valette pour y être réparé, les Stukas s'acharnent sur lui et sur la ville : c'est le début de ce que les Maltais appellent l'« Illustrious Blitz ». Les bombardements s'intensifient, visant les chantiers, les aérodromes et les quartiers du port, parmi les plus densément peuplés d'Europe.
Nos Maltais — dockers, familles, équipes de défense passive — doivent vivre sous ce déluge. La question quotidienne est concrète : continuer à travailler aux réparations de l'Illustrious et faire fonctionner l'île sous les bombes ; s'abriter en permanence dans les profonds abris taillés dans la roche calcaire ; ou évacuer les populations des quartiers du port vers l'intérieur.
Comment Malte doit-elle tenir sous l'« Illustrious Blitz » ?
Les Maltais combinent A et B : les ouvriers du Grand Port réparent l'Illustrious sous les attaques — il parvient à appareiller pour Alexandrie puis les États-Unis — tandis que la population s'enfonce, nuit après nuit, dans les abris-cavernes de la roche maltaise, parmi les plus sûrs d'Europe. L'« Illustrious Blitz » de janvier 1941 n'est que le prélude : Malte va subir l'un des bombardements les plus intenses et les plus longs de la guerre, jusqu'en 1942. L'île tiendra pourtant, ravitaillée à grand prix par des convois héroïques, et continuera de saigner les lignes de Rommel. En 1942, le roi décernera la George Cross à l'île entière, cas unique, en hommage à l'endurance de sa population.









