Que faire des vieux Renault FT ?
Conçu en 1917, le Renault FT a fait la gloire des chars français, mais en 1939 son canon de 37 mm court et son blindage de 22 mm le rendent dépassé. Le R35, censé le remplacer depuis 1936, n'a pas été livré en nombre suffisant : plusieurs bataillons doivent conserver le vieux char.
Il reste pourtant des milliers de FT immobilisés dans les dépôts et les garnisons coloniales. À l'atelier de Puteaux comme à la direction de l'infanterie, on cherche que faire de ce parc considérable au moment où l'Allemagne aligne des blindés modernes.
Le choix engage des ressources rares — acier, ateliers, équipages — à un moment où chaque mois compte.
Fin 1939, l'armée française détient encore près de 3 000 Renault FT de 1917, jugés obsolètes. Que décider de ce stock dormant ?
Le projet de modernisation ne dépassa jamais la planche à dessin. L'atelier de Puteaux étudia bien, en décembre 1939, le montage d'un canon antichar de 47 mm SA 39 à la place de la tourelle, mais le chasseur de chars sur châssis FT ne fut jamais construit. Faute de capacité industrielle et de temps, l'armée conserva les FT tels quels : huit bataillons les employaient encore en mai 1940, d'autres servaient à l'instruction et aux garnisons des colonies (Maroc, Algérie, Levant, Indochine). Dépassés, ils furent balayés lors de la campagne de 1940.









