Tenir le canal Albert ou se replier
La défense belge avait été conçue autour du canal Albert, censé tenir assez longtemps pour permettre l'arrivée des Alliés sur la ligne KW. Mais la chute foudroyante d'Ében-Émael et la capture des ponts dès le 10 mai font sauter ce calcul : la première ligne est percée en quelques heures.
L'armée belge se trouve devant un choix immédiat et lourd. S'accrocher au canal Albert déjà compromis, pour gagner du temps mais au risque de voir des unités détruites ou encerclées. Se replier sans tarder sur la ligne KW, plus à l'ouest, où doivent la rejoindre les armées françaises et britanniques, mais en abandonnant d'emblée une bonne part du territoire et en cédant l'initiative.
Le commandement peut se replier rapidement sur la ligne KW pour préserver l'armée et faire jonction avec les Alliés. Contre-attaquer pour rétablir la situation au canal Albert. Ou tenir sur place coûte que coûte, en espérant ralentir l'ennemi. La cohérence de tout le dispositif allié en Belgique dépend de la rapidité et de l'ordre de ce repli.
L'armée belge doit-elle se replier vite sur la ligne KW, contre-attaquer au canal Albert, ou tenir sur place ?
L'armée belge choisit A : devant l'effondrement du canal Albert, elle se replie vers la ligne KW pour y faire jonction avec les armées alliées montant en Belgique. Le repli, mené dans l'urgence sous la pression allemande et les bombardements, s'effectue globalement en ordre mais au prix de l'abandon rapide du nord-est du pays. Il permet de constituer, pour quelques jours, un front allié continu sur la Dyle. Mais l'effondrement, bien plus au sud, du front français de la Meuse rendra cette ligne intenable et contraindra bientôt l'ensemble du dispositif à un recul continu jusqu'à la capitulation belge du 28 mai.









