Le Grebbeberg
La défense principale des Pays-Bas repose sur la ligne Grebbe, qui barre l'accès au cœur du pays. Le point clé en est le Grebbeberg, une hauteur près de Rhenen — l'un des rares reliefs d'un pays plat — que les Allemands attaquent dès le 11 mai pour percer vers la « Forteresse Hollande ».
Les défenseurs néerlandais, moins bien armés et sans appui blindé ou aérien suffisant, doivent décider de leur conduite. Tenir coûte que coûte la position pour préserver l'intégrité de la ligne et gagner du temps. Mener une défense souple en se repliant sur la ligne d'eau (la « Waterlinie ») à l'arrière. Ou contre-attaquer pour reprendre le terrain perdu.
Le commandement peut tenir fermement le Grebbeberg, se replier en bon ordre sur la ligne d'inondations défensives, ou contre-attaquer pour rétablir la situation. L'enjeu est de retarder l'ennemi assez longtemps pour que la défense inondée du cœur du pays puisse jouer son rôle — et que les Alliés, peut-être, interviennent.
Le commandement néerlandais doit-il tenir le Grebbeberg, se replier sur la ligne d'eau, ou contre-attaquer ?
Les Néerlandais choisissent A : ils livrent au Grebbeberg, du 11 au 13 mai, la principale bataille terrestre de la défense des Pays-Bas, avec des contre-attaques acharnées mais mal soutenues. Submergés par la puissance de feu et l'appui aérien allemands, ils finissent par céder la position le 13 mai, ce qui ouvre la voie vers le cœur du pays et précipite, avec le bombardement de Rotterdam, la capitulation. Le Grebbeberg, où reposent aujourd'hui de nombreux soldats néerlandais, reste le symbole de la résistance — courageuse mais désespérée — d'une petite armée face au rouleau compresseur allemand.









