Le 28 avril 1939, dans un discours au Reichstag, Hitler a dénoncé le pacte de non-agression germano-polonais de 1934 et l'accord naval avec Londres. Derrière la rhétorique, une exigence demeure : le rattachement de la ville libre de Dantzig au Reich et un couloir extraterritorial à travers la Poméranie polonaise reliant l'Allemagne à la Prusse-Orientale.
Pour la Pologne du colonel , ministre des Affaires étrangères et héritier de la ligne de Piłsudski, l'enjeu est vital. Céder Dantzig, c'est ouvrir la porte à de nouvelles exigences et accepter le statut d'État vassal ; refuser, c'est risquer l'affrontement avec une puissance militairement écrasante. La garantie britannique du 31 mars offre un appui, mais aussi le danger d'être entraîné dans une guerre.
Le 5 mai 1939, Beck monte à la tribune du Sejm pour répondre publiquement à Hitler. Tout le pays, et toutes les chancelleries, attendent de savoir si Varsovie négociera, temporisera, ou opposera un refus net. Le ton qu'il choisira engagera la Pologne pour l'été. De sa réponse dépend non seulement le sort de Dantzig, mais l'attitude que la Pologne adoptera face à la pression allemande dans les mois à venir.
Beck doit-il afficher la fermeté et refuser toute cession sur Dantzig, ou laisser une porte à la négociation ?
Beck choisit A : son discours du 5 mai, écouté dans toute l'Europe, oppose un refus ferme aux exigences allemandes. Il y prononce une phrase restée célèbre — il est une chose sans prix dans la vie des nations, l'honneur — pour justifier le refus de céder Dantzig sous la menace. Le discours soulève l'enthousiasme en Pologne et est salué en France et au Royaume-Uni. Il scelle aussi l'impasse : Varsovie ne négociera pas sous la contrainte, Berlin n'abandonnera pas ses revendications. La crise de Dantzig devient le détonateur possible d'une guerre européenne. Le texte, traduit et commenté dans toute l'Europe, fait de Beck le symbole de la résistance polonaise aux exigences allemandes.









