La ville libre de Dantzig, placée sous l'autorité de la Société des Nations mais peuplée en grande majorité d'Allemands, est devenue le foyer de la crise. Son Sénat, dominé par les nazis locaux d', multiplie les provocations : importation clandestine d'armes, formation de milices paramilitaires, harcèlement des fonctionnaires polonais.
La Pologne y détient des droits — douane, accès au port, représentation diplomatique — qu'elle entend défendre. Au cours de l'été 1939, une querelle éclate autour des inspecteurs des douanes polonais, que les autorités de Dantzig veulent évincer. L'affaire devient un test de volonté.
Le gouvernement de Beck doit doser sa réponse. Adresser un ultimatum ferme à Dantzig, en avertissant que toute tentative d'annexion ou d'atteinte aux droits polonais serait considérée comme un casus belli ? Composer pour ne pas offrir à Berlin un prétexte d'intervention ? Ou répondre par une fermeté mesurée, en défendant les droits polonais sans céder à la surenchère ? Chaque incident à Dantzig peut servir d'étincelle, et toute l'Europe guette la réaction de Varsovie.
Face aux provocations de Dantzig, Varsovie doit-elle brandir l'ultimatum, composer, ou opposer une fermeté mesurée ?
Varsovie choisit C, avec des accents de A : au plus fort de la crise des inspecteurs des douanes, le gouvernement polonais fait savoir avec netteté qu'il défendra ses droits et qu'une incorporation de Dantzig au Reich serait un casus belli, tout en évitant de donner à Berlin le prétexte d'une riposte immédiate. La querelle des douanes s'apaise provisoirement, mais la tension demeure : Dantzig reste la mèche que Hitler entend allumer. La fermeté polonaise, soutenue par la garantie britannique, scelle l'impossibilité d'un règlement négocié et rapproche l'échéance. Berlin, de son côté, continue d'attiser les tensions à Dantzig, dont il fait le prétexte affiché de ses revendications.









